
COMMENT CÉDER SON BAIL
COMMENT CÉDER SON BAIL
Que vous soyez détaillants, grossistes, centrales d'achats, que vous vendiez du prêt à porter féminin ou masculin, de la grande taille ou de l'habillement classique, vous trouverez ici un ensemble d'indications importantes pour vos démarches.
Avant d’envisager de céder son bail, le locataire doit vérifier que le contrat de bail ne prévoit pas de dispositions écrites susceptibles de restreindre ses droits ou de l’obliger à respecter un formalisme particulier. Il devra ensuite rédiger un acte écrit de cession et procéder ensuite à différentes formalités.
I. VÉRIFICATIONS PRÉALABLES À EFFECTUER£
Le locataire devra rechercher dans son contrat de bail les clauses qui peuvent avoir une incidence sur la cession. Son attention devra notamment être attirée par les clauses suivantes.
A. Clause interdisant la cession du bail en dehors de la vente du fonds de commerce Deux cas peuvent se présenter : soit la clause existe, le locataire doit alors négocier avec le propriétaire pour obtenir son autorisation de céder le bail seul ; soit la clause n’existe pas, le locataire est alors autorisé à céder son bail en dehors de son fonds de commerce. Attention : cette clause peut être rédigée de plusieurs manières. À titre d’exemple, les tribunaux ont interprété comme interdisant la cession du bail en dehors du fonds, la clause suivante “ Vous ne pourrez céder votre droit au bail, en tout ou en partie, qu’à un successeur dans le commerce ”.
B. Clause concernant la ou les activités autorisées dans les locaux loués L’activité envisagée par le repreneur du bail doit être mentionnée dans le contrat de bail. Cette mention peut être expresse ou implicite (bail « tous commerces »). À défaut, le locataire devra négocier avec le propriétaire pour obtenir de ce dernier une autorisation de despécialisation du bail au profit de son repreneur. Remarque : si le locataire fait valoir ses droits à la retraite ou à une pension d’invalidité, il pourra bénéficier d’un régime dérogatoire. Attention : en cas de cession du seul bail dans la dernière période triennale, le repreneur ne pourra pas justifier de trois ans d’exploitation de son fonds pour obtenir le droit au renouvellement de son bail.
C. Clause d’agrément de la personne du repreneur Cette clause a pour objet de soumettre la cession du bail à l’agrément préalable de l’acquéreur par le propriétaire. Elle ne doit pas autoriser pour autant le propriétaire à refuser l’acquéreur sans raison valable.
D. Clause imposant un formalisme particulier Plusieurs types de clauses peuvent exister dans le bail. Par exemple, une disposition peut obliger le locataire à effectuer la cession de son bail, en présence du propriétaire, devant un notaire déterminé.
E. Clause de garantie solidaire du paiement des loyers Elle a pour objet de permettre au propriétaire de poursuivre le vendeur du bail en recouvrement des loyers impayés par le repreneur.
II. CONTRAT DE CESSION
Par la vente de son bail, le cédant s’engage à garantir l’existence du droit cédé. En contrepartie, le cessionnaire s’engage à payer le prix prévu pour la cession. Un contrat écrit prévoit les modalités d’exécution de ces principales obligations.
A. Garantir l’existence du bail Au moment de la cession, le cédant doit garantir à l’acquéreur l’existence du bail vendu, c’est-à-dire que le contrat de bail n’a pas été résolu par le propriétaire.
B. Paiement du prix Le prix peut être stipulé dans l’acte de cession payable comptant ou à terme. Remarques : en cas de paiement comptant, il est utile de prévoir un mode de paiement sécurisé tel un chèque certifié par le banquier de l’acheteur ; et en cas de paiement à terme, il est recommandé de prendre une garantie de paiement telle le nantissement du fonds de commerce. Attention : le contrat de cession du bail peut prévoir d’autres types de mentions (se référer à des modèles de cession de bail, vendus dans les librairies spécialisées).
III. FORMALITÉS DE LA CESSION
Outre les modifications afférentes à l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés (voir le centre de formalités des entreprises), les parties doivent effectuer plus particulièrement deux formalités : l’une s’adressant au propriétaire, l’autre au bureau d’enregistrement.
A. Formalité destinée au propriétaire Pour rendre la cession du bail opposable au propriétaire des murs, il faut respecter l’une des deux formalités énoncées à l’article 1690 du Code civil, c’està- dire : - soit notification de la cession au propriétaire par un acte d’huissier ; - soit acceptation de la cession par le propriétaire dans un acte notarié.
B. Enregistrement de l’acte de cession L’acte de cession du bail doit être enregistré, dans un délai d’un mois, auprès de la recette des impôts du lieu de situation du local loué. À cette occasion, des droits sont perçus au taux de 4,80 % sur la fraction du prix supérieure à 23 000 euros. À défaut de mention contraire dans l’acte de cession, les droits d’enregistrement sont à la charge de l’acquéreur.
C. Imposition du vendeur Il faut distinguer suivant que le vendeur est un entrepreneur individuel ou une société. Si le vendeur est un entrepreneur individuel, le taux d'imposition va varier suivant la durée de détention du bail (voir dans la rubrique Fiscal/Les plus-values professionnelles, la fiche : "Nature et montant des plus et moins-values professionnelles"). Cependant, il peut bénéficier d'un régime d'exonération de plus-value s'il réunit certaines conditions (voir dans la rubrique Fiscal/Les plus-values professionnelles, la fiche : "Exonération des plus-values des petites entreprises"). Si le vendeur est une société soumise à l'impôt sur les sociétés, quel que soit la durée de détention, la plus-value est imposable dans le cadre de sa déclaration des résultats de l'exercice de cession au taux d'imposition de droit commun (taux normal de 33, 33 % ou taux réduit de 15% pour les PME répondant à certaines conditions). Remarque : pour de plus amples informations, vous pouvez vous procurer la Documentation Pratique intitulée « Bail commercial ».
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