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LE RÉGIME DES MICRO-ENTREPRISES

LE RÉGIME DES MICRO-ENTREPRISES

 

Que vous soyez détaillants, grossistes, centrales d'achats, que vous soyez en création pour un commerce dédié à la mode ou au prêt à porter, vous trouverez ici un ensemble d'indications importantes pour vos démarches.

 

I. RAPPEL

Le régime des micro-entreprises est un régime fiscal.
Il ne s’agit pas d’un statut juridique de société tel ceux des SA et SARL.

II. CARACTÉRISTIQUES

Ce régime se caractérise par les éléments suivants :
• une franchise en base de TVA : les entreprises ne payent pas la TVA ;
• un abattement forfaitaire lors du calcul du résultat de l’entreprise ;
• des obligations comptables et déclaratives simplifiées.

A. Conditions d’application du régime

1. Qui peut bénéficier de ce dispositif ?

Les petites entreprises individuelles immatriculées (entrepreneurs individuels,
professions libérales, artisans).
Sont donc exclues de plein droit :
• les personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés ;
• les sociétés de personnes ;
• les opérations portant sur des immeubles, des fonds de commerce ou des
actions ou parts de sociétés immobilières ;
• les opérations de location de matériel ou de biens de consommation durable ;
• les opérations réalisées sur un marché à terme d’instruments financiers.

2. Limite liée au chiffre d’affaires

Le bénéfice de ce dispositif est soumis au respect d’un montant total de chiffre
d’affaires annuel réalisé par l’entreprise qui varie selon la nature de
l’exploitation :
• Pour les exploitants dont le commerce principal est de vendre des
marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur
place ou de fourniture de logement, le chiffre d’affaires maximum est à 76
300 euros hors taxes.
• Pour les prestataires de services, la limite s’élève à 27 000 euros hors taxes.

a) Pluralité d’entreprises commerciales

Si un même contribuable exploite plusieurs entreprises, on totalise les chiffres
d’affaires réalisés par les différentes activités pour déterminer s'il peut bénéficier
du régime des micro-entreprises. Cette règle s’applique également si le
commerçant exploite effectivement plusieurs fonds de commerce pouvant être
qualifiés de distincts en raison de l’autonomie des clientèles et de la nature des
prestations.
Chaque membre d’un même foyer fiscal peut bénéficier du régime des microentreprises
à raison des activités qu’il exerce.

b) Calcul de la limite de chiffre d’affaires pour les entreprises dont l’activité est mixte

Lorsque l’activité d’une entreprise se rattache à la fois à la vente et à la
prestation de services, le régime des micro-entreprises n’est applicable que si
son chiffre d’affaires hors taxes global annuel n’excède pas 76 300 euros et si, à
l’intérieur de ce plafond, le chiffre d’affaires afférent aux prestations de services
n’excède pas 27 000 euros hors taxes.

B. Fonctionnement du régime des micro-entreprises

1. La franchise de TVA

Les entreprises imposées selon le régime des micros-entreprises bénéficient de
plein droit d’une franchise de TVA. Cette franchise permet à l’entreprise de ne
pas facturer la TVA sur les livraisons ou les prestations de services à destination
du consommateur final.
Lors de la facturation, l’entreprise doit préciser sur la facture « TVA non
applicable, article 293B du CGI ».
Attention : le régime de la franchise fait obstacle à la récupération de la TVA
payée sur les achats en amont. De plus, étant exclue de la TVA, l’entreprise doit
reverser une partie de la taxe antérieurement déduite lorsqu’elle était assujettie.

2. Détermination du bénéfice

Les contribuables sont imposés sur un bénéfice net calculé après application d’un
abattement forfaitaire pour frais. Cet abattement intègre toutes les charges
exposées par l’entreprises dans le cadre de son exploitation (charges sociales,
salaires, loyers de location…).
Les entreprises exerçant une activité d’achat-revente ou de fourniture de
logement ont un taux d’abattement de 72 %.
Ce taux est ramené à 52 % pour les prestations de services.
Il est donc primordial de déterminer quel est le taux de charges de l’entreprise.
Si celui-ci est supérieur à l’évaluation forfaitaire fixée par le régime micro,
l’entrepreneur aura intérêt à opter pour un régime d’imposition au réel pour le
calcul de son bénéfice, sans pour autant perdre le bénéfice de la franchise de
TVA.
De surcroît, l’évaluation forfaitaire du résultat empêche la constatation d’un
déficit.

3. Obligations et formalités

Les entreprises placées sous le régime micro doivent tenir un livre-journal
détaillant les recettes ainsi qu’un registre récapitulatif par année, présentant le
détail de leurs achats.
Les entreprises doivent conserver l’ensemble des factures et des pièces
justificatives relatives aux achats, ventes et prestations de services qu’elles ont
réalisé.
Elles doivent également joindre à leur déclaration d’impôt sur le revenu n° 2042,
l’état n° 2042 P, sur lequel doivent notamment figurer le montant du chiffre
d’affaires ou des recettes et des informations nécessaires à la détermination de
l’assiette de la taxe professionnelle.

C. Sortie du régime des micro-entreprises

1. Option pour un régime réel d’imposition des bénéfices
Les entreprises anciennement soumises au forfait sont désormais soumises au
régime des micro-entreprises. Toutefois, il est possible d’opter pour un régime
réel d’imposition, ce qui permet à l’entreprise de déduire les charges qu'elle a
effectivement supportées et de récupérer la TVA sur ses achats.
L’option doit être exercée avant le 1er février de la première année au titre de
laquelle le contribuable souhaite bénéficier de ce régime. Pour les entreprises
nouvelles, la date limite de l’option est reportée jusqu’au jour de la première
déclaration de résultats.
L’option, valable pour au moins deux ans, est adressée par simple lettre au
centre des impôts.

2. Dépassement des limites de chiffre d’affaires

Le régime des micro-entreprises reste applicable pour l’imposition due au titre de
la première année de dépassement.
Toutefois, la société perd immédiatement le bénéfice de la franchise de TVA si
elle réalise un chiffre d’affaires hors taxes supérieur à 84 000 euros en cas de
vente, ou 30 500 euros en cas de prestation de services. Ainsi, le contribuable
devra-t-il liquider la TVA dès le mois suivant.
De même, l’entreprise sera placée sous le régime réel d’imposition l’année
suivante en ce qui concerne la détermination de son bénéfice.